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CETTE ANNEE LA : Revivez les principaux événements de ces années là. Sport, actualité, cinéma, musique et bien entendu moto. De nombreuses photos, liens vers des sites, documents d'époque.

1969

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Motoplay ou histoire de …presse

Peut-être vous souvenez-vous d'un journal mensuel du nom de " Motoplay " ? Il fut éphémère puisque seulement quatre numéros sont sortis en février, mars, avril et mai 1980. 

Pour être beau, Motoplay l'était. Couverture " pelliculée ", recouverte d'un film plastique très fin pour donner un aspect brillant et faire ressortir les couleurs de la Une, " dos carré collé " pour que le journal puisse être rangé verticalement dans une bibliothèque, papier couché brillant épais, le tout donnant une " bonne tenue en main ", photogravure de très bonne qualité, bref, du bel ouvrage. 

Et une ligne rédactionnelle résolument magazine pour se différencier des hebdomadaires et des autres mensuels. Il faut aussi savoir que la presse est un domaine d'activité magique et qu'une entreprise de presse n'est pas une entreprise comme une autre. 

Motoplay fut effectivement une belle aventure de presse mais aussi une drôle d'aventure. Vous pardonnerez cette grivoiserie, mais ce journal fut non seulement une histoire de presse mais aussi une histoire de …fesse ! 

Voilà comment est né ce journal. 

Le MotoPlay italienJ'étais pigiste permanent à Moto Journal depuis deux ans (en charge notamment des numéros hors série) quand je reçois à mon domicile un coup de téléphone d'un certain Georges Edouard, qui veut me rencontrer pour lancer un mensuel de moto. Il me propose un rendez-vous au Fouquet's, célèbre et un peu tape-à-l'œil établissement des Champs Elysées. Direction Le Fouquet 's. Le dénommé Georges, très volubile, m'explique qu'il a eu mes coordonnées en appelant la Mairie de Paris, qui l'avait renvoyé sur le Président du Moto-club de Paris, Claude Harang, que je connaissais depuis longtemps. Georges me montre alors le numéro 3 d'un superbe journal italien, Motoplay, et me dit qu'il est éditeur et veut en lancer une version française. Sans rentrer dans les détails de la fabrication d'un journal en couleurs (en quadrichromie, ou " quadri " ou " tout couleurs " sont les termes du métier), il suffit de savoir qu'un imprimeur a besoin de quatre " films " par page pour sortir un journal. Trois films couleurs - un jaune, un bleu (cyan), un rouge (magenta) - et un film noir. Les quatre superposés donnent toutes les variétés de couleurs. Le texte d'un journal est en noir, donc sur le film noir. Georges me propose de reprendre les films de la version italienne et de mettre les textes en français à la place des textes italiens sur le film noir. Techniquement, cela ne pose pas de problème et les économies sont importantes. Je lui dis qu'il n'est pas possible de reprendre l'intégralité des articles italiens, mais à première vue d'une moitié, tous n'étant pas intéressants pour un lecteur français. À charge pour moi de réaliser l'autre moitié avec des sujets spécifiquement français. 

On en reparle plusieurs fois au téléphone. On se revoit, toujours dans un endroit dit " chic ", et il m'apporte un contrat de travail, en " bonnet difforme " comme dirait Coluche, où j'ai le titre de rédacteur en chef. 

Je quitte Moto Journal et, vous allez commencer à y voir un peu plus clair, je viens pour la première fois dans les locaux de la maison d'édition de Georges, à Paris dans le XVIIIe arrondissement. C'était dans un entrepôt dans un petit passage, le passage Ramey. Au rez-de-chaussée, sorte de hangar, des dizaines de palettes sur lesquelles sont empilées d'innombrables petites revues. Je regarde de plus près et constate que Georges était éditeur… de revues pornographiques ! Georges arrive alors et sans aucun complexe me fait visiter. Sur deux étages, il y avait des journaux de " c… ". Des dizaines de milliers, des tonnes, partout. Au troisième étage, il me présente les maquettistes qui, tranquillement, faisaient des montages scabreux comme s'ils enfilaient des perles… Je suis resté muet. Enfin, il me montre le grenier du bâtiment avec une table de ping-pong, un téléphone et deux chaises et me dit que c'est la rédaction ! Aucune photo olé-olé n'était prise dans les locaux, ma " cambuse " était à l'écart du reste de l'entreprise, j'avais quitté Moto Journal, bref je suis resté. 

En fait, un éditeur italien de revues pornographiques faisait des échanges de films avec Georges. Cet éditeur, passionné de moto, avait sorti Motoplay en Italie et l'avait montré à Georges. Les deux compères avaient décidé d'en sortir une version française. Inutile de vous dire que pendant la brève vie du journal, pas une fois j'ai demandé à quelqu'un de venir au journal et disais à mes interlocuteurs : " Ne vous déplacez pas, je passe vous voir ". Et pour cause ! Quatre numéros sont donc sortis. Et début juin 1980, un lundi matin, j'arrive au journal et, surprise, le bâtiment était ouvert, complètement vide. Plus rien. Tout avait été déménagé… y compris mes affaires. Georges a sans doute " planté " sa boîte en récupérant tout le stock pour en monter une autre. Terminé Motoplay… 

J'ai croisé Georges par hasard une dizaine d'années plus tard. Toujours aussi volubile, toujours aussi sympa, il roulait en Maserati et avait l'air très à l'aise. Drôle de bonhomme. Il m'a dit que l'un des plus beaux jours de sa vie était l'arrivée des 24 Heures du Mans 80. Le journal, c'est-à-dire Georges avec son argent, avait engagé deux Kawasaki rachetées à Jean-Bernard Peyré. Desheulle et Vassard avaient terminé 4e, et mon frère et moi loin dans le classement (le préparateur des motos avait probablement " oublié " de refaire notre moteur dont la culasse a lâché au bout d'une heure…). Reste que le frangin et moi avons terminé quant même, question d'honneur. Georges a été dans les stands pendant toute la course, heureux comme un gosse. Et Yves Mourousi était passé plusieurs fois au stand ! Enfin, Georges, homme du sud, était très fier de la mention " Mensuel français de classe international " qui figure sous le titre. Il se fichait royalement que cela fasse souvent sourire. Voilà l'histoire peu ordinaire de Motoplay. 

Désolé pour les abonnés qui se sont fait avoir. J'y pense souvent et déteste ce genre de plans. À part leur offrir une mousse si on se rencontre, rien à faire. À l'époque, je n'avais même pas pu récupérer le fichier des abonnés pour leur envoyer un petit mot d'excuses. Georges n'avait rien laissé. Il me reste de cette aventure de très bons souvenirs, quelques numéros et la satisfaction que peut apporter un superbe, mais si éphémère, journal. 

Quand même un énorme regret. Au Grand prix suivant l'arrêt de la parution, Michel Rougerie m'a juste dit..." Alors je ne l'aurais pas mon Motoplay ! ". Le numéro 5 devait lui être consacré.

François GOMIS

 


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