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CETTE ANNEE LA : Revivez les principaux événements de ces années là. Sport, actualité, cinéma, musique et bien entendu moto. De nombreuses photos, liens vers des sites, documents d'époque.

1969

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Personnalités de Légende : Jacques BUSSILLET

Bussillet, si vous êtes passionné de Grands Prix motos, c'est un nom qui vous dit quelque chose. En effet si vous êtes un lecteur assidu de Moto Journal, vous connaissez Bertrand ... mais nous allons faire connaissance ave l'oncle de Bertrand, Jacques que les plus anciens connaissent sous le surnom de "Bubu"...

Jacques est né le 29 décembre 1948. Il suit le processus classique des études jusqu'au baccalauréat (obtenu en Mai 68) puis passe à l'université pour suivre les cours de l'école de journalisme de Strasbourg. Entre temps se passionne pour la moto à partir des années  60-61, et amasse peu à peu une somme impressionnante de connaissances  à propos de la moto. En 1969 Histoire de changer d'air, il part faire le Continental Circus en compagnie de Keith Turner, dont il est le mécanicien... (extrait du livre Grands Prix Moto)

Jacques peux tu nous parler de ton premier contact avec un deux roues ?

Mon papa il avait une 350 Terrot juste après la guerre, pour aller faire ses visites chez ses clients (il était médecin de campagne). A l'entendre, chaque visite avec cette moto était un régal sur les petites routes. Malheureusement, il n'en a pas gardé de photos. Je crois qu'il avait passé son permis moto pendant sa mobilisation en 1939 car j'ai retrouvé des images avec un side-car militaire, un gros René Gillet 750. Mais la Terrot, je ne l'ai jamais vue, n'en restait au fond du garage que le tan-sad, qui a été très peu utilisé, car ma mère n'aimait pas rouler en moto. Quand j'étais tout petit, je m'asseyais sur cette grosse selle à ressort et je m'accrochais à la poignée en fer qui se trouvait devant. Puis mon grand frère a eu une 125 Vespa en 1959 ou 60.C'était la grande mode, tous ses copains du village en avaient, mais le plus fier c'était le fils du boucher car il avait passé son permis moto, en conséquence de quoi il avait pu s'acheter la Vespa 150 qui les faisait tous baver. Mon frère a beaucoup roulé avec cette Vespa, il s'en servait pour aller en fac et aussi pour aller à Paris pendant son service militaire, au début des années 60. Il était affecté aux transmissions au Kremlin-Bicêtre. Paris était sillonné de Vespa à cette époque, et la hantise de tous les possesseurs c'était le vol de roues. Mon frère s'est fait voler ses roues à plusieurs reprises, il retrouvait le scooter posé sur ses moyeux. Il n'a jamais pu m'expliquer la raison de ces vols de roues à Paris, et personne d'autre non plus.

Quand j'ai eu 14 ans, un de mes copains de la même année s'est fait offrir une mobylette pour son anniversaire. J'étais blême,moi je pouvais toujours attendre pour recevoir un tel cadeau. Il y avait bien une " bleue " depuis quelques années dans la famille, mais elle était réservée à la plus âgée de mes sœurs pour aller en fac. Coup de pot, l'année de mes quinze ans, elle a annoncé qu'elle n'avait plus besoin de la mob et qu'elle la passerait à mon autre sœur qui avait deux ans de plus que moi. Mais comme elle ne s'en servait pas beaucoup, j'ai vite mis la main dessus. Ma mob n'a pas gardé longtemps ses grands guidons et sa selle monoplace. Je l'ai vite transformée à la sauce racing, grâce à un copain qui m'a donné un guidon plat et une vieille selle biplace avec un semblant de dosseret. Du jour au lendemain, je ne démarrai plus qu'à la poussette, et je sortais le genou dans la moindre courbe pour imiter mon idole Hugh Anderson, le champion du monde en 50 et 125 cm3 sur Suzuki. J'avais 15 ans.

Et ta passion pour les courses motos ?

J'ai vu ma première course de motos à Bourg en Bresse en 1959 et ça m'a plu tout de suite. A partir de 1963, je vais régulièrement voir des courses et je lis tout ce que je trouve comme revues françaises ou anglaises. A partir de 1965, je deviens membre de l'U.M. Ain qui organise les courses de vitesse à Bourg. Je deviens interprète du circuit et je fais mes premières photos. En 1965, pour mes 16 ans, je passe mon permis et j'achète une 175 Peugeot , que je transforme en décaféiné-racer ( en clair ça avait rien d'un racer et rien dans le sac, mais elle avait une gueule course pas possible …). En 67 et 68 je vais voir des Grands Prix en auto stop à Spa ou Monza et d'autres courses ailleurs. Après mon bac en 68 je pars faire l'école de journalisme de Strasbourg. Comme j'ai envie de me balader, je passe l'été 69 à suivre le Continental Circus comme mécano du néo zélandais Keith Turner (il avait une 250 Aermacchi et une 500 Linto), puis du Français Jean louis Pasquier (50 Derbi, 125 et 250 Bultaco, ça apprend à réparer les serrages). On roule beaucoup, on voit plein de pays, je dors où je peux, dans les camions ou sous l'auvent, mais c'est le pied.

Tes débuts dans le journalisme moto ?

Je rencontre François Beau qui me propose d'écrire mes aventures pour Les Motards, mais quand je rentre en France en octobre 69, ce canard n'existe plus, car son fondateur, Jean-Pierre Drexler, vient de se tuer à Montlhéry. Début 70 François Beau participe à la création de La Moto, on se revoit au GP de France et j'écris mon premier reportage pour cette revue, je touche une pige de 200 francs, quel bonheur. Je passe tout l'été 70 à Paris pour bosser avec François et l'équipe de La Moto. Il m'emmène sur plein de GP, il fait les photos, moi le texte, c'est parti. En 71, création de l'hebdo Automoto : je bosse pour lui et la Moto, au GP d'Autriche je rencontre Patrick Chapuis qui m'embauche pour couvrir les grands Prix pour l'Equipe. En 72/73 on fait Sport Moto, puis je rejoins Moto Journal à l'automne 73.Jusqu'en 78, je couvre les GP pour l'Equipe, pour MJ, mais aussi pour La Moto et des canards anglais. J'étais un vrai stakano de la Japy ! Il faut dire aussi que j'avais l'avantage d'être le premier journaliste moto en France passé par une école de journalisme, ça aide.

Tu deviens rédacteur en chef de Moto Journal ?

Oui, en mai 78, je deviens rédacteur en chef de moto journal, un poste dont je n'avais pas vraiment envie, mais que je ne pouvais pas refuser. J'arrête les reportages en GP, mais je découvre vite que diriger un hebdo, c'est encore mieux.

Après Moto Journal ?

Je reste à Moto Journal jusqu'en mai 84. Là, je reprends ma liberté et redeviens pigiste, histoire de refaire une tournée de Grands prix et de rallyes africains pendant 5 ans, jusqu'à fin 88. MJ m'a de nouveau rattrapé en me proposant de diriger tous le secteur moto, y'a MJ mais aussi Moto Crampons, les hors série, bref de quoi s'occuper. J'y reste jusqu'en décembre 99. Là ; rebelote, je reprends ma liberté et je glande pendant presque 4 ans. Enfin quand je dis que je glande, j'écris des articles un peu partout.

Ton entrée à Moto Légende ?

En septembre 2003, J'intègre LVA Editions pour diriger Moto Légende et LVM. J'étais déjà en contact avec eux parce que depuis 1999 j'étais spiker aux Coupes Moto Légende, aux côtés d'Olivier de la Garoullaye (Monsieur le Comte pour les intimes).Vieux je suis, dans un canard de vieux et vieilles je dois être. Faut s'adapter ! J'y reste tout juste trois ans, le temps de redonner de l'élan aux magazines et d'avoir à nouveau envie d'être indépendant. Voilà pour ma carrière de journaliste. J'ai aussi touché un peu à l'organisation des Coupes Moto Légende. C'est bien de voir l'autre coté des choses : à l'avenir je serai moins gueulard primaire contre les organisateurs …

As tu déjà pratiqué la piste ?

Je n'ai jamais couru à moto et je dois faire un aveu : au bout de trois tours sur un circuit, je m'ennuie. C'est vrai quoi, le tracé change pas, le paysage non plus, c'est vite monotone … Par contre j'aime toujours autant voir évoluer ceux qui sont capables de faire 40 ou 50 tours d'affilée …

Quel sont tes meilleurs souvenirs ?

Mon meilleur souvenir c'est ma vie et le bol que j'ai eu de faire ce que j'aimais et de découvrir qu'on était prêt à me payer pour ça. J'ai le sentiment de n'avoir jamais travaillé, juste satisfait mes envies. Coup de pot, cette envie c'était de voir des courses, de rencontrer des pilotes et de le raconter aux copains.

Des mauvais ?

Les mauvais souvenirs, on va dire qu'il y a quelques morts qui m'ont fait mal, aussi bien des pilotes célèbres que des amis anonymes. Car hélas, j'ai eu beaucoup de potes tués à moto, y compris mon petit beau-frère à qui j'avais offert son premier cyclo pour ses 14 ans.

Des anecdotes ?

Consulter la collection complète de La Moto et Sport Moto de 1970 à 1978, la collection complète de Moto journal de 1971 à 2003, Moto Légende et La Vie de la Moto de 2003 à 2006 en attendant les prochains numéros, et puis une vingtaine de livres que j'ai écrits dont un, qui est un très beau texte, c'est le Mike Hailwood et la Honda-6 paru chez Solar en 1994. Y'en a aussi deux sur Agostini, un sur Patrick Pons, un sur Olivier Chevallier, j'en passe et des moins bons …

Tes pilotes préférés ?

Mes pilotes préférés ? Deux ami chers et solides, têtes de liste, mais hélas avec regrets éternels, Olivier Chevallier,, mon grand complice des années 70, et Barry Sheene, compagnon de bringues et de drague, toujours sympa et drôle avec tout le  monde. J'ai vécu chez eux, eux chez moi, c'était le bon temps … Nanou, avec laquelle je me marre tant au téléphone, qui m'en a raconté de quoi écrire des centaines de pages, qui garde une énergie incroyable, elle est géniale. Et qui, aveugle à presque 80 ans, refuse de se plaindre et se bat avec un courage extraordinaire Des tas de mecs biens et bons potes comme Paul Smart, Takazumi Katayama, les Sarron Bros, Chemarin, Igoa, Coudray, Offenstadt, Fernandez, Guili, Saul, Tchernine, Coulon, Genoud, Hampe etc…Des moins connus comme Antoine Masseglia ou deux potes anglais nommés Reg Thomas et Cliff Carr qui ont trouvé le moyen de claquer y'a pas longtemps … C'est difficile de faire une liste parce que j'en connais beaucoup, ce qui me touche toujours c'est - disons le comme ça - cette forme de respect et d'affection qu'ils me manifestent tous, y compris des mecs comme Agostini, Read, Nieto, Duhamel, Roberts, Spencer, Nixon, Gallina, Bonera, Lansivuori, bref, ils ont fini par me persuader que j'ai fait mon boulot à peu près correctement. Grâce à eux, j'ai la chance d'aller et d'être hébergé n'importe où dans le monde.

Tu roules sur quoi en ce moment ?

Je viens de m'acheter un T-Max, et j'ai toujours mon 125 Suzuki trail de 1973, premier modèle, monté avec une fourche de 125 cross offerte par Jacques Roca, mais dans un état désastreux, il en a bavé ce pauvre engin.

D'autres loisirs ?

Mes loisirs : lire, beaucoup, écrire, beaucoup ; depuis 2001 j'ai passé beaucoup de temps à étudier la guerre du Pacifique pour être en mesure d'écrire une histoire qui s'est passée là-bas en 1944.J'ai joint l'utile à l'agréable en allant très souvent au Japon ces dernières années. Je suis même allé à Tinian, minuscule îlot au milieu du Pacifique, d'où sont partis les bombardiers avec les bombes atomiques de Hiroshima et Nagasaki…

Un regret ?

Mon seul regret ? Que les milliers (et même les millions) de photos de François Beau, Christian Lacombe, Mick Woollett, Nick Nichols, Jim Greening, Volker Rauch, Wolfgang Gruber, Jan Heese,Franco Villani et tant d'autres (y compris ceux qui en font maintenant) ne soient pas toutes visibles à tout moment. J'ai eu la chance de voir beaucoup de leurs photos. Songez qu'un collectionneur qui aurait des collections complètes de tous les journaux de motos à travers le monde ne pourrait guère voir plus de 20 % du total d'images faites par tous ces gens là. Peut-être même moins. Frustrant, vous ne trouvez pas ?

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