CETTE
ANNEE LA : Revivez
les principaux événements de ces
années là. Sport, actualité,
cinéma, musique et bien entendu moto. De nombreuses
photos, liens vers des sites, documents
d'époque.
Personnalité
de légende : Interview Christophe Guyot
Passionné
de moto de compétition anciennes et moderne, je suis
de très près les exploits du GMT 94. Cette année
n'es pas comme les autres ... En championnat de France
Sébastien Gimbert réalise une excellente année. En
endurance malgré un "chat noir" qui hante
le box du team, la Yamaha bleue et ses pilotes sont au
top ... Mais, après une super saison 2007 en mondial
Supersport et une bonne première année en mondial
Superbike, la saison 2009 en WSBK est décevante ...
très décevante ... nous en avons longuement parlé
avec Christophe... entre amis on se dit tout ... et
Christophe a accepté que je publie cet entretien ...
FB
: Bonjour Christophe. Comment ça va ? CG : Bonjour Francis, bonjour à tous. Tout va
bien.
FB
: Le GMT 94 reste l'un des favoris pour le prochain
Bol d'Or et avec Sébastien GIMBERT vous êtes en
tête du championnat de France Superbike, mais comment
expliques tu l'absence de résultats en championnat du
monde SBK ?
CG : Pour l'instant je ne l'explique pas. Nous roulons
une seconde moins vite que l'an passé. Il y a des
circuits ou nous avons même roulé deux secondes
moins vite. C'est particulièrement frustrant.
FB
: Mets tu en cause la nouvelle R1 ? CG : Non, évidemment. Avec une machine
identique, Sébastien GIMBERT a pulvérisé le record
du tour lors des 24 H du Mans, même si Mathieu
LAGRIVE l’a repris pour un dixième. Avec sa moto du
championnat de France, il bat records sur records.
FB
: Le GMT a t'il encore sa place en WSBK ? L'objectif
n'est il pas trop ambitieux compte tenu de vos moyens
?
CG : Si nous avions réédité les performances de
l'an passé, nous n'aurions pas raté une seule super
pôle. Il y a plus de bonnes motos cette année mais
à l'exception de l'extra terrestre Ben SPIES , le
niveau n'a pas augmenté. Nous sommes frustrés par
cette situation. Nous avons largement prouvé dans le
passé que nous avons notre place dans ce championnat.
FB
: Pourquoi avoir conservé David CHECA ? CG : Grâce à David nous avons de belles
performances en championnat du monde. Pour rappel, il
a réalisé des premières lignes en mondial
Supersport, il a marqué de nombreux points. C'est
grâce à lui que nous avons figuré dans le top 10
avec un seul pilote dans le team. Nous n'avons pas de
podiums, mais de belles quatrièmes ou cinquièmes
places…
FB
: Mais pas en WSBK ! CG : Septième sur la grille de Magny-Cours l'an
passé ! Onzièmes et douzièmes (avec Gimbert) en
Australie à 21 secondes de Troy Bayliss, vainqueur de
l'épreuve. Sixième temps pour Gimbert en Allemagne
après la deuxième séance de qualifications. Nous
avons fait de très belles choses en SBK. Nous sommes
stoppés dans notre élan. Je ne sais pas. Nous
cherchons.
FB
: Pourquoi ne pas avoir un deuxième pilote ? CG : Cela s'est joué à rien. Jean-Claude OLIVIER
avait signé un contrat pour engager Sylvain GUINTOLI.
Tout était réglé. Avec Sylvain nous disposions de
plus de matériel. Avec son nom, nous avions des
supports qui nous étaient refusés pour d'autres.
Sylvain qui était demandeur au départ n'a ensuite
plus donné de nouvelles. J'ai appris par la presse
qu'il avait signé en championnat anglais.
FB
: Pourquoi ne pas avoir pris Régis LACONI ? Quand on
voit ce qu'il a fait avec la DUCATI, tu a du avoir des
regrets ? CG : Bien sûr que nous avons des regrets. Mais le
contrat avec YAMAHA était directement lié à Sylvain
GUINTOLI. Lorsque Sylvain a signé en BSB, la crise
économique était déjà une menace. Pour nous,
c'était un très mauvais coup. Il n'était donc plus
question d'investir en SUPERBIKE. Même avec Régis.
Jean Claude OLIVIER en a été sincèrement désolé.
Il le regrette autant que moi. Mais il a eu raison.
FB
: Pourquoi dis tu qu'il a eu raison ? Etonnant, non ? CG : Une crise économique, ce sont d'abord des
gens qui vont souffrir. Des chômeurs
supplémentaires. La course n'a de sens que si elle
sert à tous. JCO a eu raison de penser à son
entreprise et aux gens qui la composent avant nos
préoccupations.
FB
: Dans ce cas pourquoi avoir choisi d'aller quand
même en WSBK ? CG : J'avais déjà signé mon contrat avec le
promoteur. Bien sûr qu'il aurait été facile de
reculer. Mais je préfère accepter l'échec que
l'abandon. Je n'aurais jamais envisagé de rompre un
engagement.
Bien sûr, l'arrivée d'un top pilote aurait permis
d'obtenir plus de matériel et de nombreux avantages.
Mais nous devrions être plus compétitifs quand
même.
FB
: J'ai lu une interview de Massimo MEREGALLI (le team
manager de YAMAHA ITALIA). Il cherche à aider une
équipe pour le Mondial SBK. Pourquoi ne pense t'il
pas à vous ?
CG : J'ai également lu ce communiqué. Mais je te
rassure, il a bien pensé à nous. Nous avons même
été accueillis chaleureusement à son usine. Mais
Massimo sait que nous n'avons pas le budget pour
acheter ou louer ses motos. Cette solution serait
évidemment idéale mais inenvisageable pour nous. En
attendant il fait ce qu'il peut pour nous aider. Nous
avons bénéficié de nombreux conseils techniques et
même de certaines pièces.
FB
: Mais alors de quoi sera fait l'année prochaine ?
CG : De course moto ! C' est promis. En période de
crise, on prend des mesures, on souffre, nous comme
les autres, mais supprimer la course serait terrible.
On ne peut pas couper les rêves, anéantir les
ambitions, briser les espoirs de vivre passionnément.
FB
: Vous serez encore présents en Mondial SUPERBIKE ?
CG : Je ne peux pas répondre encore à cette
question. La saison n'est pas terminée. Tout peut
rebondir sur une belle performance.
FB
: Mais s'il n'y en a pas ?
CG : Si nous étions 25èmes en roulant plus vite que
l'an passé, oui, je me poserais la question de rester
ou non. Ce n'est pas le cas. Il est clair que de
rester l'an prochain parait difficile. Je ne vois pas
comment m'engager sur la saison entière. Nous savions
qu'il fallait être dans le top 10 pour continuer
l'aventure. Peut-être devrons nous recommencer comme
nous l'avons fait en 2005, en nous engageant d'abord
en wild card sur quelques épreuves, le temps de
retrouver la compétitivité.
FB
: Pourquoi ne pas retourner en Mondial Supersport ? CG : J'ai probablement fait l'erreur de quitter la
catégorie au moment ou nous étions en pleine
progression. Nous y avons marqué beaucoup de points,
réalisé de très belles courses. Souvent le podium
n'était pas loin. David Checa ou Sébastien Gimbert
ont pu s'offrir des bagarres avec les champions de la
catégorie. Oui, je peux tout à fait envisager de
revenir en Mondial Supersport pour rebondir et revenir
ensuite en WSBK.
FB
: Que penses tu du MOTO2 ? CG : Les GP me font rêver bien sûr. C'est
l'histoire de la moto. Peut-être m'y investirai-je un
jour. Mais ma culture, ma passion, sont aujourd'hui
orientés vers le SBK.
FB
: Quand connaîtras tu ton programme ? CG : Je ne sais pas. Nous sommes face à une crise
économique qui perturbe tout le monde. Je ne me vois
pas lancer des demandes de budgets auprès
d'entreprises qui doivent licencier du personnel. Cela
me paraîtrait indécent. En attendant je préfère
œuvrer dans notre domaine de compétences
(c'est-à-dire l'endurance) et concernant mes
ambitions de toujours, il faut accepter de courber
l'échine le temps que la tempête s'essouffle. Mais
cela ne durera qu'un temps. Je l'espère pour nous
comme pour tous les autres.
FB
: Est-ce que tout cela n'est pas difficile à vivre ? CG : Depuis mes débuts, je dois composer avec les
années difficiles. Beaucoup ont tendance à l'oublier
car les victoires font toujours oublier les échecs.
Et après une victoire, on croit qu'on est invincible.
Mais j'ai toujours été conscient que nous avons plus
d'échecs que de victoires. Je ne suis pas Valentino
ROSSI.
Juste quelqu'un de déterminé, de travailleur, de
patient, qui sait que notre équipe gagnera encore.
Nous sommes tous condamnés à réussir.
Dans tous les domaines.
Travailler avec les jeunes, participer au championnat
national, nous impliquer dans la vie citoyenne, fait
partie de notre mission car il s'agit là des valeurs
essentielles que nous avons à communiquer. Je ne
pense pas que notre parcours puisse démontrer quoi
que ce soit d'autre.