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CETTE ANNEE LA : Revivez les principaux événements de ces années là. Sport, actualité, cinéma, musique et bien entendu moto. De nombreuses photos, liens vers des sites, documents d'époque.

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Les Elephants 1985

 

Les Éléphants
 Par Bruno Donati

Il est 6 heures du mat, et en ce mois de février 1985, la température est plus que de saison c'est à dire : très froide. Les deux side-cars chauffent tranquillement au ralenti pendant que nous nous équipons pour prendre la route des " éléphants "

Nous sommes quatre pour ce voyage vers l'Autriche, Salzburg précisément.
Il y a Dédé et son 1100 Kawa ST attelé avec un panier " made in Dédé ", et Fred avec un 1100 Goldwing attelé avec un DBS.
Jean Jacques dit " Moumousse " et moi sommes passagers. Enfin pas définitivement pour Moumousse puisqu'il sait très bien piloter un side et en possède un. D'ailleurs pour la petite histoire, le panier attelé au 1100 Gold est le sien.
Quant à moi, je resterai passager, n'ayant que deux ans de permis solo derrière moi et un instinct de vie très développé.
Il m'a été donné depuis, l'occasion de conduire un side, c'est complètement différent de la moto tout autant que de l'auto. Cela procure pourtant un réel plaisir. Ce n'est toutefois pas très simple à piloter, et assez viril, à ne pas mettre entre toutes les mains.

Je ne connaissais aucun de mes coéquipiers, ils m'ont gentiment intégré à leur groupe suite à une annonce que j'avais passé dans " Le Monde de la Moto "

La route de Bagnols sur Céze (à coté de Nîmes) jusqu'à la frontière Suisse s'est plutôt bien passée… après un peu moins .

Si l'ambiance et la solidarité de l'équipe ont toujours été au beau fixe, la mécanique et les conditions climatiques nous rappelaient bien que nous allions au Eléphs et non pas au club Med.

Cela a commencé en Suisse dans un col (nous n'avons pris que des routes normales, enfin tous sauf des autoroutes, les Eléphs c'est les Eléphs) ou pour éviter une voiture qui maîtrisait très difficilement la conduite sur neige, Dédé n'a eu d'autres solutions que de braquer pour finir dans un mur…de neige. De l'intérieur du panier, c'est très rock'n roll.
Le moteur de la Kawa n'appréciait pas que la roue avant projette une mêlasse de neige plus ou moins fondue sur le 4eme cylindre qui alors se mettait en grève. Pour compenser ce manque de puissance, Dédé était obligé d'ouvrir un peu plus les gaz.
Seulement voilà, dés que l'état de la route s'améliorait, la bougie séchait et reprenait du service sans prévenir. La encore, il fallait tout le talent et l'expérience du pilote pour contrôler cette arrivée soudaine de puissance, synonyme de jolis travers sur neige damée.

Le premier soir, nous avons donc décidé de dormir en Suisse mais pas à l'hôtel vu les tarifs. Sur un plan, nous avions déniché une auberge de jeunesse. Oui mais voilà, pour accéder à cette source de chaleur et de bien être, nous devions prendre une petite route enneigée et très pentue. Il en fallait plus pour décourager des durs comme nous avec nos grosses motos. Ni une ni deux, nous avons équipé les roues arrières de nos montures de "colliers riselants " et autre cordes. Que nenni, quand les colliers plastiques ne cassaient pas sous la puissance de traction, ce sont les cordes qui ne passaient plus dans les gardes-boue.
Nous conclûmes qu'aucun véhicule motorisé ne pouvait gravir cette côte jusqu'à l'instant ou nous avons vu un autochtone s'attaquer et réussir cette montée impossible avec un deux-roue à moteur d'une puissance d'au moins… 1,5 CV, un cyclomoteur quoi !
Devant tant d'injustice, nous avons rebroussé chemin et sommes allés …à l'hôtel.

 

Ne connaissant pas mes collègues, nous avons passé notre soirée à nous présenter. C'est alors que j'ai appris que Dédé avait fait des tonneaux en side-car (ce devait être à ses débuts car durant ce voyage, sa conduite était très propre), que Moumousse avait connu sa femme suite à une gamelle en moto et que Fred avait eu 12 accidents en 14 mois…en moto aussi.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, à aucun moment je n'ai eu peur ou ressenti de l'appréhension . J'ai même pris beaucoup de plaisir lorsque je suis monté avec Fred et qu'il a décidé lors d'une descente de col, de prendre tous les virages enneigés en contre-braquage . Un grand moment !

La Kawa, une fois résolu le problème de projection d'eau, a tourné comme un charme. On ne peux pas en dire autant de la Gold qui parfois sans raison apparente ratatouillait au point de s'arrêter. Il s'agissait en fait d'une simple panne d'allumage due à l'humidité qui se créait entre la sortie de la bobine d'allumage et le fil de bougie. L'humidité alliée au sel de la route ont contrarié la bonne marche de la Gold une bonne partie du trajet.
.
Après avoir traversé des paysages plus sublimes les uns que les autres, nous sommes enfin arrivé de nuit sur le lieu du mythe : le Salzburgring.
Nous avons planté…de nuit, une tente d'au moins 7 ou 8 places. Sur le circuit, les températures n'ont pas été extrêmes puisqu'il a énormément neigé. On n'a pas sué non plus !!!
 


Le samedi matin, après avoir fait fondre de la neige pour le petit déjeuner, nous sommes allés faire le tour du circuit. Incroyable le nombre de Géo Trouvetou qui ont modifié leurs bécanes pour pouvoir affronter les conditions climatiques. Des ski fixés sous les repose-pieds, et même des motos jumelées.
Une profusion incroyable de 250MZ attelées, quelques inepties comme cette 750 GSXR-R (modèle racing, embrayage à sec) avec des pneus enduro…
Toutes les cylindrées étaient représentées, du scooter à la 1340 HARLEY.
Je ne me souviens plus si c'était cette année là, mais nous avons même rencontré deux français qui bien que possédant des motos, étaient venus de Bordeaux…en mobylette. Chapeau !
Les motards sont aussi des artistes, au vu du nombre de sculptures sur neige. Cela va de l'éléphant au moteur de GUZZI, génial.

Le soir, superbe défilé au flambeaux sur le circuit, impressionnant et émouvant.

Le dimanche matin il faut penser au retour et c'est sous la neige que nous avons tout remballé.

L'après-midi, nous avons été obligés de nous arrêter dans une station- service Autrichienne pour téléphoner à Europe Assistance, la Gold ne voulant plus rien savoir.
Devant notre désarroi, le pompiste nous a conseillé d' essayer malgré tout de trouver la panne, et pour cela a ouvert son atelier en nous autorisant à nous servir de tous les outils dont nous avions besoin. Après que nous ayons réussi à faire chanter la Gold (bobines d'allumages rendues étanches avec des sacs poubelles), il nous a même offert le café et les gâteaux ! Dans la conversation qui s'en suivit, il nous a déclaré que les françaises étaient les meilleures en amour ! C'est p'être pas faux ???
Devant tant de gentillesse, ne voulant pas de nos pour-boire, nous lui avons laissé notre bouteille de Calvados (du vrai à 60°).

En ayant assez des deux nuits passées sous la tente et du froid accumulé sur la route, le soir nous dormions dans des chambres d'hôtes (zimmer), qui sont très propres et parfois superbement décorées. Là encore nous avons étés bluffés par la gentillesse des propriétaires, qui malgré nos accoutrements un peu crades (la neige, la boue et le sel, ça ne fait pas des miracles), n'hésitaient pas à enlever leurs propres affaires pour mettre les nôtres à sécher.

Le retour s'est fait tranquillement …jusqu'à la frontière Suisse ou les deux sides ont passé la douane cul à cul (même un peu plus…) pour éviter que les pandores ne voient le pneu avant du Kawa très proche d'un slick.
C'est seulement en France, quelques kilomètres après la frontière que le Kawa a refusé de continuer, sortie de boite HS.
Seule et unique solution, Europe Assistance, et cette fois-ci on n'y échappera pas. Nous avons donc rempli le side de Fred avec le maximum d'affaires et il est rentré seul et d'une traite jusqu'à Bagnol sur Céze .
Quand à nous trois, après nous être fait traité de fous par un automobiliste parce que nous roulions en side en hiver (mais comment lui expliquer), nous n'avions plus que le train comme moyen de locomotion.
Oui mais voilà, la gare la plus proche se trouvait…en Suisse. Nous sommes donc repassés par la douane en taxi avec les contrôles qui s'imposent, et une fois dans le train, re-contrôles au franchissement de la frontière vers la France.

Ce que je retiendrai de ces " Éléphants ", outre la beauté des paysages, c'est l'amitié et la solidarité de toute l'équipe , même (et surtout) dans les moments difficiles.

B.Donati

 


Site allemand : http://www.alteselefantentreffen.de/

LES ELEPHANTS 1970 

 


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