Coupe
Kawasaki 1973…petite anecdote « savoureuse » que
j’aimerais vous conter…
A
l’époque, j’accompagnais sur tous les circuits Frédéric
Armaroli, qui débutait brillamment en course de promotion.
Lui
servant çà et là, de chauffeur, mécano, porteur (doigts de pieds
« arrachés » à Charade…), etc… Brillamment
car, première année de licence, il montait de podium en podium…
Que ce
soit en Coupe Kawasaki ou en Coupe des Quatre Saisons, qu’il
remporta d’ailleurs… En
l’occurrence, il se battait pour le titre de « Samouraï »
avec Jean-Claude Meilland et Louis Garon.
Ayant
cassé un segment au Mans, où il ne termina que huitième, il
DEVAIT absolument gagner cette avant dernière manche de
Montlhéry… Si
tel avait été le cas, la victoire finale de l’un ou de l’autre
se serait jouée au Castelet, ultime épreuve de la saison…
En
« fin stratège », « sabre » aux dents, il
tenta alors le tout pour le tout… Malheureusement,
alors qu’il s’envolait vers la victoire, il chuta !...
Perdant
du même coup toutes ses chances d’emporter le titre tant
convoité !...
D’un coup d’un seul la Coupa Kawa et la Coupe des Quatre Saisons !...
Et le
« Premier pas Dunlop » en prime…c’eut été trop
beau !...
Le
hasard a voulu que cette mésaventure se déroula sous mes yeux…
Jean-Claude
Meilland survint alors, « à l’attaque », et reconnut
Frédéric « dans les choux »… Appréciant
très vite l’infortune de son rival, qui lui offrait ainsi la
victoire sur un plateau… Il
eut à son égard un geste que je qualifierais, pour le moins, de
« malencontreux »… Lui
montrant d’un doigt les oiseaux dans le ciel… Je
n’en dirai pas d’avantage !...
Geste
insignifiant, bien sûr, de « bonne guerre », bien sûr,
mais tout de même !...
Frédéric
n’en sut rien durant trente ans…
Je
gardais pour moi-même une certaine rancœur quant à ce geste inélégant…
Me
faisant une raison, au fil des années… La
vie est ainsi !...
Epilogue
de cette « histoire » Linas-Montlhéry 2003 Trophées Gérard
Jumeaux…
Frédéric
et moi marchons en direction du Barnum installé par notre Ami
commun Yves Evrard…
Il pleut « comme vache qui pisse »…normal, nous sommes
à Montlhéry !...
De loin, nous entendons Yves tonitruer…rassurés…il est là !...
De dos,
un « quidam » œuvre consciencieusement, sous pluie
battante, sur un bloc de 400 éventré pêle-mêle…
« Cela
ne s’arrange pas », nous disons nous…
« Des GRANDS malades » !...
« Sous la pluie, bistouri dans la main droite, sandwich dans
la gauche (Yves dixit), démonter-remonter entre deux manches !... »
« Dégoulinant de flotte, et, qui plus est, sourire aux lèvres !... »
Jean-Claude
Meilland !?!?! Il
se retourne, perd son sourire, blêmit, et interjette :
« Putain, c’est pas vrai !... »
« Frédéric !...Jean-Charles !... »
« Les mêmes qu’il y a trente ans !... »
« J’y crois pas !... »
« Frédéric, il faut que je te dise quelque chose !... Il
y a trente ans que j’ai quelque chose sur la conscience !… J’ai
eu un geste malheureux quand tu es tombé à Montlhéry… Ca
fait trente ans que ça me « travaille » !...
Aujourd’hui
il faut que je te demande pardon... »
Frédéric
tombait des nues ! Moi, je n’ai pas honte de le dire :
j’avais la larme à l’œil !...
Ce fut
un grand moment d’émotion !
Je
tenais à rendre hommage à l’honnêteté de cet homme !
Il
n’est pas donné à tout le monde de faire des excuses trente ans
plus tard, qui plus est pour pas grand-chose…
Chapeau bas,
MONSIEUR Meilland ! ! !
Jean-Charles
Battesti