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Sa
participation au Bol 69, est du à 3 coups de chance. C'est d'abord sa
rencontre avec Robert Assante. Ce dernier travaillait chez Jean Murit et
Michel l'a rencontré quand il venait y chercher des pièces racing pour
son 305 Honda (Assante courrait lui aussi sur cette machine).
Ils deviennent alors de très bons amis. Ensuite Robert Assante devient le
nouveau directeur commercial de Japauto et Michel est allé le voir pour
de nouvelles pièces car il courrait les 1000 km du Mans, deux semaines
avant le Bol d'Or. Lors de sa visite, il soumet une idée à son ami :
convaincre M. Vilaséca (le patron), d'engager la nouvelle moto japonaise
qui venait de sortir en Europe, la 750 Honda.
Il participe au 1000 km du Mans avec son copain Bibi sur la 305 Honda,
mais ils doivent abandonner sur casse. Ce jour là c'est Ravel sur H1R qui
gagne devant Urdich sur Honda 250 CB 72. Après la course Urdich passe
chez Japauto pour rendre des pièces et il fait la même proposition que
Michel concernant l'engagement de la 750 Honda. M. Vilaséca séduit par
l'idée engage Urdich en 750, mais son coéquipier n'ayant qu'une licence
junior (limitée à 250 cc) ne peut pas lui aussi être engagé. Robert
Assante pense aussitôt à Michel, c'est son 2eme coup de chance.
La moto est rapidement et succinctement préparée (commandes reculées,
bracelets, petit dosseret, pas de carénage mais une bulle etc. …et
Vilaséca la présente aux pilotes.
Le Jeudi précédent la course, le patron de Japauto entre dans l'atelier
et dit à ses pilotes : " Demain n'ayez pas l'air surpris quand vous
verrez la moto !!! ". Rougerie, Urdich et Assante se regardent
incrédules. La moto ils la connaissent, car c'est eux qui l'ont
préparée et ils ne voient pas ce qui pourrait les surprendre.
Le lendemain ils comprennent. Ce n'est plus la même moto qui est devant
eux, mais la 750 Honda d'usine que M. Vilaséca a réussi à obtenir des
japonais.
C'est là que réside le troisième coup de chance (coup de Bol) de
Michel. En effet la course se déroulant à Montlhéry, seuls les pilotes
français peuvent y participer. Les pilotes d'usine étant anglais,
l'usine décide donc de la confier à des français.
Tout le monde connaît la suite, Urdich et Rougerie gagnent la course.
Pourtant tout ne fut pas si facile. Les deux pilotes manquaient
cruellement d'expérience et Urdich refusa même un relais à la tombée
de la nuit et sous la pluie. Il fallut l'intervention " musclée
" de Mme Assante, pour qu'il se décide à reprendre la piste. Mais
paralysé par la peur, le pauvre Urdich est très lent. C'est une Kawasaki
qui reprend alors la tête, celle pilotée par Guénard et Morel. Les
Japonais demandent à Michel de reprendre le guidon et de tout faire pour
repasser en tête. Après un relais d'anthologie, Michel repasse en tête
et grâce à cet exploit et au jour qui revient, Urdich reprend confiance
et l'équipage gardera la tête jusqu'au bout. Après cette course Michel
Rougerie, prend une grave décision, il ne sera pas ingénieur en
électronique, mais pilote de moto professionnel.
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