François
Gomis nous raconte ...
Petites histoires de Bol
...
Au Bol 80, nous avions un très
très bon moteur Kawa. En pleine nuit, dans la ligne droite du Mistral,
des phares me remontent doucement mais sûrement puis me passe lentement
à 50 centimètres sur ma gauche. C'est Soulas sur une Honda d'usine.
Pierre tourne la tête et me regarde style " Salut misgo ". Puis
il finit de me doubler. Voilà, c'est tout. C'était sympa. Vous allez me
dire qu'on est à 280 ou 285 ! Non, on est à 4 ou 5 kilomètres à
l'heure, la différence de vitesse entre sa moto et la mienne. C'est pour
ça qu'on peut se regarder, pas longtemps, mais on peut le faire. Et la
luminosité est suffisante, avec les reflets des phares dans et sur les
carénages.
Photo :
Pierre Soulas en compagnie de Jacques Luc (cliquez sur la photo pour
l'agrandir) Photo
Pierre Gabriel
Merci à tous les motards qui faisaient des
feux pour griller des merguez au bord des circuits. La fumée, parfois,
était un peu gênante, mais les odeurs de saucisse nous faisaient bien
marrer, ça donnait même faim… Et comme plus tu vas vite, plus tu
rentres tôt au stand, donc plus tu manges tôt. En conséquence, ne
négligeons pas le fumet de merguez comme accélérateur de performance
lors des courses d'endurance.
Dans les années 70, la moto passait
beaucoup à la télé, grâce au journaliste Yves Mourousi, qui faisait à
l'époque encore plus fort en notoriété que le présentateur P.P. (D.A.)
aujourd'hui. Yves Mourousi était passionné de moto, un vrai, faisant
même un Bol d'Argent (avec Jean Basselin). Respect pour Yves. Sur les
courses, on retrouvait la bande d'Auto-Moto, Jean-Pierre Chapel,
Jean-François Dunac, Yves Hervalet et Dominique Guymont. Au Bol, encore
au Mans, TF1 passait entre autre la dernière heure ou les derniers
trois-quarts d'heure de course. Et devinez ce qu'a fait le frère… Il
s'en est pris une en direct, au raccordement, tout au début de la ligne
droite des stands ! À l'accélération, sur l'angle, il a glissé et paf,
la binette par terre. Ils étaient ravis à la télé. Et je te passe le
ralenti, et
que je te le repasse. C'est bon
pour l'audience coco. Surtout
que Laurent s'est relevé tout de suite*. Il a pu faire craquer la TZ et
rentrer aux stands. Il n'y avait pratiquement pas de dégât. C'est moi
qui suis reparti (Laurent prenait toujours le départ et moi l'arrivée).
Savez-vous pourquoi le frolot est tombé ? Avant les esses, le grand
Christian Léon l'a passé au freinage. Et Laurent a voulu le suivre…
Gamelle. Bouhouhou again ! * Il ne faut pas confondre Auto-Moto et TF1.
Hier comme aujourd'hui. Les premiers ont une éthique… Et si Laurent
s'était esquinté, ils n'auraient pas repassé les images.
Photo :
Christian Léon au Bol 78 (cliquez sur la photo pour l'agrandir) Photo
François Beau
Retour au Castelet, au Bol 79. Un
pilote japonais, un super bon, Asami, était le coéquipier de Patrick
Pons sur une Yam 750 (Ils ont fait 2). Nous, nous roulions sur une Suzuki.
Asami a voulu me passer à l'extérieur à l'entrée du double-droit.
C'était une connerie. À cet endroit-là, tu ne passes rien du tout
puisque le pilote intérieur est obligé de remonter vers l'extérieur du
virage, le double droit se prenant en une seule trajectoire. Et une fois
que tu es sur cette trajectoire, tu ne peux plus bouger. Bref, je suis
obligé de l'emmener vers l'extérieur. On se touche, se retouche, il
coupe, je coupe, je plonge un peu à l'intérieur et Asami peut se
rabattre. Il est nase. C'est un coup à se faire mal. Je lui ai dit dans
le casque : " Faut pas faire banzaï comme ça mon gars sinon tu ne
vas pas terminer. Et s'il n'y avait que quatre ou cinq motos d'usine au
départ, il n'y aurait pas autant de spectateurs et pas la télé non
plus. Non mais... " Il n'a pas dû entendre. Avec le bruit. Et puis
je l'ai dit en Français. Et il ne parlait pas Français. De toute façon,
Asami n'était pas beau sur un moto. Un crapiaux (comme on dit en
Charolais. Faut enlever le " i " en français). Pons, Léon, ils
avaient de la gueule. C'est peut-être aussi pour ça que le frangin s'est
loupé en suivant Léon au Mans. Il devait inconsciemment regarder le
Maître. Et ça déconcentre… Normal, c'était beau.
Photo :
Sadao Asami au Bol 79 (cliquez sur la photo pour l'agrandir) Photo
YAMAHA
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