François
Gomis fait sa première course (la côte Lapize à Montlhéry) à 19 ans
en 1973. Étudiant en Arts Plastiques aux Beaux Arts de Paris, il a
choisi une Guzzi V7 Sport alors que les H2 sont reines.
Il se fait remarquer en Critérium 750 en terminant régulièrement dans
les 10 premiers et en ne se faisant jamais prendre un tour par le
Maestro Gilles Husson. À noter que le point fort de la Sport n'étant
pas la nervosité, il se retrouve toujours dernier au premier freinage !
Il fera deux ou trois courses avec une H2 mais n'insistera pas, trop
habitué à la garde au sol de la Sport. Il participe au Tour de France
74 avec la Sport (5e au classement des circuits) et est finaliste
du Casque Total (gagné par Hervé Guilleux) la même année.
Grand
amateur d'angles et de gros freinages, Champion de France 750
National en 1975 avec une 350 TZ, il va ensuite complètement
décrocher de la vitesse et faire quelques courses d'endurance avec son
frère Laurent.
Au
total, il n'a pris qu'un peu plus de trente départs, ce qui est très
peu à une époque où l'on courrait souvent dans plusieurs
catégories.
François
Gomis dit aujourd'hui : " J'aurais dû arrêter de courir
lorsque que j'ai su que j'allais être père d'une petite Marie en 1974,
idem en 77 pour la naissance d'une petite Claire " et ajoute "
J'ai trop intellectualisé un sport, à la fois monstrueux et
merveilleux, où il ne faut surtout pas réfléchir ".
Ses meilleurs souvenirs sont les félicitations de Gérard Choukroun et
de Patrick Pons en 1975, et l'ambiance incroyable, " surréaliste
" de la moto dans les années 70. Ses plus mauvais souvenirs ?
Être obligé de démonter sa V7 Sport pour prouver qu'il n'était pas
en 850, il dira alors : " C'est la poignée de gaz qui est en
850, pas le moteur ". Et un problème d'allumage sur sa TZ lors
de la seule course 250 à laquelle il a participé (La Châtre 1975,
pole-position, premiers tours en tête, termine huitième).
Ses
pilotes français préférés sont (entre parenthèse ce qu'il a vu
d'eux) : Pons (discret et très gentil), Rougerie (lucide), Fernandez
(perfectionniste), Baldé (élégant), Offenstadt (artiste), Choukroun
(un regard d'enfant), Husson (son anarchisme assumé), Soulas
(tranquille), Rigal (tout pour réussir), son frère (polyvalence
bitume/TT). Un seul pilote étranger l'a vraiment impressionné, Cecotto
qui est pour lui le talent pur.
François
Gomis n'a pas touché une moto depuis le Bol d'Or 80 hormis deux heures
dans une course d'endurance TT avec son ami Rodolphe Schwartz (l'enduriste
qui tombait plus vite que son ombre... dixit François !) en 85.
Il
garde un bon souvenir de son passage dans la presse moto (MJ puis
Motoplay de 1978 à 1980) et sera l'un des cadres de l'Ecurie Pernod en
1981 (année de la disparition de Michel Rougerie) dont il
démissionnera en fin de saison.
François
Gomis oubliera alors la moto pendant plus de 20 ans. Aujourd'hui, il a
juste entendu parler du fils de de Puniet et du fils de Rossi.
Journaliste en radio pendant une dizaine d'années puis dans
l'automobile (presse 4x4), ensuite conseil en communication, il est
trois fois grand-père, aime dire et écrire des bêtises,
l'Histoire, la musique classique et n'a pas la télévision. Il est
céramiste depuis 7 ans.
Anecdote
En 1974, François Gomis faisait équipe avec le regretté Gilbert
Lavelle (vainqueur du Critérium 750 cette année-là) à la course
d'endurance de la Coupe des 4 saisons au Castellet avec des H2. Ils
étaient en deuxième position quand il passe Hervé Guilleux et sa 400
Kawa juste avant les esses de la Verrerie. Après les esses, au tout
début du freinage de la chicane, la 400 percute la H2. Grosse chute
pour les deux pilotes. Ils ne s'engueulent pas. Gomis dit à Guilleux
" Tu as oublié qu'une H2 freinait plus tôt qu'une 400 ",
Guilleux répond : " Tu as fait un écart ". Bref ce qu'on
appelle un incident de course. Longtemps après, les deux protagonistes
se croisent par hasard et brièvement alors qu'ils ne s'étaient pas vu
depuis une quinzaine d'années. Et de quoi parlent-ils ? De leur
gamelle, chacun étant toujours sûr d'avoir raison.