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Après
l'article sur Roger Ruiz, j'ai demandé à Gérard
Debrock (merci à Jean Claude Jacq) s'il voulait bien
nous parler de sa carrière moto pour BIKE 70...
Après quelques conversations téléphoniques, Gérard
décide de coucher sur le papier quelques uns de ses
souvenirs. Quelques semaines après, je reçois par
courrier une grosse enveloppe avec de très nombreuses
photos et 6 pages racontant en détail les années de
compétition de Gérard. De son coté Jean Claude Jacq
numérise les vidéos super 8 de Gérard et me les
envoie.
Plus qu'une biographie de Gérard Debrock, grâce au
texte, aux photos et aux vidéos c'est une tranche de
vie et un témoignage passionnant sur la course moto
des années 70 que Gérard nous fait vivre.
Derrière
le champion (modeste), j'ai découvert un homme
passionné dont la conclusion qu'il nous livre en fin
d'article résume toute sa philosophie de la course
moto et de la vie.
"J'ai
toujours abordé la course comme un loisir. je n'ai
jamais pensé en faire un métier comme certains ont
pu le faire à la fin des années 70. Je me suis
régalé, peu blessé, tout ça pendant une époque
formidable. Mes performances en vitesse n'ont pas
toujours été excellentes, mais je ne devais rien à
personne. Par contre en endurance, c'est différent
car derrière les pilotes il y a toute une équipe.
Dans cette discipline j'ai pas mal réussi, mais pour
réussir en endurance pas mal de facteurs
interviennent. pour ce qui me concerne, j'ai toujours
eu une très bonne condition physique, car étant
assez éclectique, je pratiquai régulièrement l'aviron, la musculation et du volley ball. Au niveau
pilotage sans être très rapide, j'étais capable de
tenir un rythme élevé très longtemps et sous la
pluie j'étais assez bon ... je crois ! Mais je le répète, la course était un loisir et je n'étais
pas prêt à prendre tous les risques. "
Francis
FB
: Gérard peux tu te présenter ?
GD
: Je suis né le 22 février 1942 à Saint Germain en
Laye. J'ai une soeur et un frère qui est décédé.
Je suis issu d'un milieu familial
"bourgeois" puisque mon père dirigeait une
fonderie de métaux non ferreux fondée par mon grand
père. J'ai eu la chance de toujours habiter dans un
pavillon et un jardin.
FB
: Gérard et l'école ?
GD
: Je suis allé à l'école puis au lycée jusqu'au
bac ... que j'ai brillamment ... raté. Alors
direction l'usine qui me plaisait beaucoup plus que
les études, y ayant déjà travaillé
pendant les vacances dés l'age de 15 ans
FB
: Tes débuts en moto
GD
: Le démon de la moto m'a pris vers l'age de 20 ans
lorsque j'ai acheté une 700 Royal Enfield
Constellation après avoir roulé en Vespa depuis
l'age de 16 ans. J'ai acheté cette moto parce qu'un
garçon qui habitait près de chez moi en avait une et
j'étais en admiration devant sa moto. Je me suis
engagé à la côte Lapize et ensuite à une course de
motos de série à Montlhéry .. dans les 2 cas les
résultats ont été modeste ... très modestes !!!
... mais la passion commençait ... Avant de partir à
l'armée je l'ai vendue et je passais mon temps de
libre à dévorer Moto revue et je commençais à m'intéresser
à la technique que je ne connaissais pas du tout.
FB
: Tes vrais débuts en compétition
GD
: Au retour de l'armée, début 1964, à cause de la
pression parentale (à cette époque on écoutait ses
parents, même à 22 ans), j'accepte de ne pas faire
de course ... ça va durer 10 mois. A l'époque
j'avais un bon copain que j'ai connu à l'école
Breguet, Philippe Daric qui était passionné de
course et avec qui j'étais resté en contact. On
s'est bien "chauffé" tous les deux, tant et si
bien que début 1965 nous décidons d'acheter chacun
une Norton 88 SS pour courir en formule sport.... et
voilà c'était parti ... Mes résultats en formule
sport n'ont pas été brillants ... je ne m'en
souviens même pas .... par contre ce que je me rappelle
c'est d'avoir fait réparer la magnéto de nombreuses fois.
cliquez
sur les photos pour les agrandir

Cognac
1965
FB
: Ensuite ?
GD
: En 1966 j'ai acheté une 250 Bultaco pour rouler
dans deux catégories. Mais quelle bête à soucis ...
elle n'a bien fonctionné qu'une seule fois, à la
première course, le Critérium du Mans, ensuite
c'était panne sur panne. En 1967 j'ai alors acheté
une 500 Manx ex Barbaroux ... et là c'était pire
qu'avec la 88, car beaucoup plus difficile à régler ... bilan, absence de résultat car étant donné que
je cassais tout le temps, je roulais très peu et de
moins en moins bien car pas en confiance ... Pour
revenir sur la Bultaco, je voudrai parler de Jacques
Roca qui était à l'époque le roi du cylindre à
trous et qui arrivait à bien faire marcher ces
fragiles espagnoles. Avec sa meuleuse il faisait des
trous gigantesques dans les cylindres. On était très
contents, mais je crois qu'il prenait bien garde à ce
que nos moteurs ne soient pas plus puissants que le
sien. je garde néanmoins un très bon souvenir de
lui. Il était toujours avec de belles filles et bien
qu'il ait été blessé en Algérie assez gravement,
c'était un athlète.

1969
: 1ere sortie de la Linto à Magny Cours
FB
: Ta première victoire ?
GD
: En 1969 j'en ai eu assez des anglaises hors d'âge
et des espagnoles ... alors j'ai décidé d'acheter la
dernière merveille qui venait de sortir ... la LINTO
! J'ai encore eu des déboires avec cette moto, mais
quel plaisir à piloter et en plus j'étais la
"star" du paddock !!!. Je n'ai gagné qu'une
course avec cette moto, c'était le Grand Prix de
Mettet en 1970. Quel régal de mettre le 2e de la
course à 1 minute ... c'était Tébec sur une H1
spéciale.
Toujours
en 1970, j'ai été embauché par Honda France pour
les 1000 km du Mans et le Bol d'Or sur une Daytona.
Malheureusement j'étais associé à Christian
Bourgeois qui ne savait pas conduire une moto sans
faire cirer l'embrayage comme sur les TZ Mais celui de
la Daytona ne supportait pas ça !!! Au Mans il m'a
fait le coup et cela nous a coûté le podium. Pour le
Bol, il remet ça et là je suis obligé de faire un
tour à la poussette. Finalement nous abandonnons à
minuit à cause d'une bielle casée.
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| 1970 : La Linto |
1970 : GP de
France derrière Findlay |
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| 1970
: Bourg en
Bresse 7e |
1970
: Sur la Honda
Daytona au Mans |
FB : 1971 à été un tournant pour toi ?
GD
: En 1971, malgré la fragilité de la Linto, j'ai
acheté le nouveau modèle avec culbuteurs en titane
et les gros
carbus, le carénage avait été modifié
et elle marchait très bien mais malheureusement la
Kawa 500 H1R était arrivée, c'était la fin du 4
temps. j'ai fini la saison avec quelques places
d'honneur et je l'ai ensuite mise en vente. Elle a
été acheté par un collectionneur, qui il y a
quelques années, m'a refusé de la piloter de
nouveau. Mais en 1971 j'avais également fait
l'acquisition d'une 250 Yamaha TD2 d'occasion et là,
j'ai enfin connu le plaisir de finir les courses.
C'est vrai que cette anée 71 a été très bonne pour
moi et j'ai réalisé quelques belles prestations.
Michel Laprie, brillant préparateur au Vésinet m'a
engagé sur sa 750 Honda aux 1000 kilomètres du Mans,
où j'a été très bon en mettant un tour à tout le
monde lors de mon premier relais sous la pluie,
malheureusement mon équipier a chuté lors de son
premier relais et a mis la moto en miette ... ainsi
que lui.
Aux 4 Heures de Montlhéry, Michel Rougerie, m'avait
appelé pour rouler avec lui et nous avons gagné
très facilement ... (voir vidéo) ... ne me demande
pas le podium je ne m'en souviens pas !
En endurance, pour le Bol j'ai été engagé par
Georges Monneret lui même sur les conseils d'Olivier
Chevalier avec qui je devais piloter l'une des 2
Triumphs d'usine. Sûrement la meilleure moto du
plateau, auréolée de la victoire en 70. Nous avons
maintenu un bon rythme pendant 10H, puis une panne
électrique nous a arrêté nous faisant dégringoler
à la 13e place. Ensuite il a fallu cravacher pour
remonter et vers 7H du matin j'ai malencontreusement
roulé sur une bande blanche très glissante ... et ce
fut la chute au garage vert ... moto détruite ...
"game over". Ce résultat très décevant
m'a par contre fait progresser dans ma gestion de la
course.
Tien
une petite anecdote, en 1971, j'ai également fait du
side !!! En effet au Paul Ricard pour dépanner
Fourneaux j'ai joué le rôle de singe dans son side.
Cette courte expérience m'a guéri du rôle de
passager.
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| 1971 Magny Cours
(2e 1ere manche et 4e au général) |
Super gamelle
Rouen 1971 |
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| 1971 Bourg en
Bresse (2e en 250) |
Circuit Paul Ricard 1971 |
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| Bourg 1/05/1971
Abandon à 3 tours de la fin, alors 4e |
1971 : 1000 km du
Mans sous le déluge |
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| 1971
: 4H de Montlhéry
- Vainqueur avec Michel Rougerie |
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