Le TT oui mais
avec et chez Richard Ross
Le TT est déjà un
événement pour tout ceux qui aiment la moto pour les machines et
l'ambiance. Mais quand vous êtes au TT sur cette île fantastique
et que vous faites la rencontre de Richard Rose la notion d'accueil
de savoir vivre et de respect prend toute sa valeur. Richard est un
bonhomme costaud, ancien pilote d'endurance et du TT, aujourd'hui
préparateur il est passionné de cette course et me fait découvrir
ce pays, cette ambiance et ce peuple d'une autre manière .Il est à
la fois préparateur, pilote d'avion, restaurateur de vieilles
motos, fait de la voile, fait la cuisine comme un chef, parle le
français (sa mère est française), aime le bon vin, les amis et
invitent tous les français du TT à venir manger chez lui le samedi
soir entre la semaine des essais et la semaine des courses. C'est un
homme à la gentillesse difficilement imaginable
De mes premiers pas au
TT en 1997, je venais avec mon camion et quelques potes dont Giglio
et on restait deux semaines dans le paddock et on se marrait bien.
Aujourd'hui j'arrive deux heures avant la séance d'essai (car
j'arrive d'une autre épreuve) et Richard me récupère à
l'aéroport, m'a préparé et rodé une moto toute neuve qui
m'attend sur ses béquilles, couvertures chauffantes en place pour
mettre les pneus à température, elle est ainsi prête pour le
grand tour de manège.
C'est toujours une sensation unique que de (re)découvrir ce circuit
qui défile à toute allure sur 60 Kms et qu'il faut parcourir
évidemment le plus vite possible mais surtout le plus humblement
possible ! Pourquoi ? Parce qu'ici plus qu'ailleurs ton instinct de
conservation doit être poussé à l'extrême. C'est une course
dangereuse parce que c'est une route avec ses maisons, ses
trottoirs, ses arbres et cabines téléphoniques que l'on frôlent
parfois à plus de 250 Km/h en 600. Mais on y revient car cette
sensation de peur nous attire et nous excite. N'allez pas croire
pour autant que l'on soient des suicidaires, non pas du tout et au
contraire c'est le fait d'aimer la vie par dessus tout qui nous fait
prendre encore plus conscience qu'elle est belle quant on la vit à
100%. Quoi de plus triste et sans saveur que de passer sa vie dans
un fauteuil devant sa télé avec zéro risque sauf de devenir gaga
à croire toutes les informations que l'on veut bien nous faire
entendre. Non la vie est belle quand elle est vécue follement mais
pas aveuglement.
Vous ne pouvez juger, ni parler du TT tant que vous n'y avez pas mis
les pieds et même si je suis pour l'évolution de la sécurité,
j'adore les GP, le Superbike et toutes ces courses au niveau
technologique très évolué, ce retour au source me plait autant
mais dans un autre registre. Les stars d'antan sont passées ici et
certains viennent encore avec des motos d'époques et on se croirait
30 à 40 ans en arrière. Pas de star unique, tout le monde pilote
solo ou side car, en est une et est respecté pour ce qu'il fait.
L'argent ne fait pas la loi ici et le genre humain est apprécié
pour autre chose que son contrat ou son compte en banque. Même si
certain en gagne (et ce n'est pas volé) cela fait partie de la vie
et de toute façon pas cher payé en comparaison du risque.
Bien sur tous les ans, certains en payent le prix fort mais jamais
le risque zéro n'existera, pas même dans les compétitions ultra
sécurisées avec commission de contrôle etc qui n'a pas empêché
l'accident du pauvre Kato lors du grand prix du Japon. Les
responsables de la marque concernée ont d'ailleurs (presque)
prouvé qu'il s'agissait d'une faute du pilote et non d'un
quelconque problème mécanique ! Comme si nous ne savions pas dans
notre métier que le risque mécanique existe aussi sans pour autant
condamner la marque en question. Ne rien dire aurait été plus
respectueux que devoir se rassurer en accusant le pilote d'une faute
qu'il n'a peut être pas commise. De toute façon il faut savoir
assumer son rôle de pilote ou de constructeur en assumant
pleinement les responsabilités sans que ce soit à chaque fois une
faute ! Le destin aussi participe à ce genre d'incident, mais lui
n'est pas condamnable.
J'aime le TT, j'aime les GP, j'aime l'endurance, j'aime la course
moto dans tous ces domaines et les accidents arriveront toujours.
Combien de mort le week-end sur la route y a t'il ? Alors à choisir
si il y a un seul petit risque à prendre autant le prendre seul sur
un circuit avec moins de risque pour les autres et jouir de la vie
et du choix de ma vie.
BB