BOL AVANT 1969
Retournons au tout début, quand
tout a commencé. Après de multiples démarches et beaucoup d'efforts.
Eugène Mauve alors président de l'Association des anciens
motocyclistes militaires (AAMM) organisa son premier Bol d'Or du 27
au 29 mai 1922 sur un circuit impossible entre Vaujours,
Clichy-sous-Bois et Livry-Gargan, long de 5,100 km, en terre battue.
Autour, on avait disposé quelques gendarmes, quelques barrières, une
tribune en bois avec une loge d'honneur, des soldats qui soufflaient
dans des cuivres. Eugène Mauve avait choisi le nom de son épreuve
d'endurance en souvenir d'une ancienne course cycliste Il s'agit alors
de deux épreuves de 24 heures, l'une est réservée aux motos et
l'autre aux side-cars et cyclecars, qui se déroulent à la suite. 17
motos prennent le départ de la première course alors que 12 side- cars
et 23 cyclecars composent le plateau de la seconde. A noter qu'il n'y
avait qu'un seul pilote par machine. Difficile d'accès, Le circuit de
Vaujours est remplacé dès t'année suivante par celui des Loges à
Saint-Germain-en-Laye, tandis que l'AAMM devient l'AMCF (Association
moto-cyclecariste de France). L'épreuve va rester à Saint-Germain
jusqu'en 1936, sauf pour l'édition de 1927 qui se passe à
Fontainebleau, suite à un accident mortel survenu l'année
précédente.
Dès 1924 et jusqu'en 1939 le Bol d'or sera
la plus grande course motocycliste française. Moto Revue dans ces
colonnes parle même de "championnat du monde de vitesse sur
route". Aux courses des motos et des cyclecars se mêlent tout un
tas d'animations qui poussent les Parisiens tout proches à venir passer
un dimanche à Saint-Germain. Fanfares, orchestres, bals et buvettes
animent les deux nuits sans discontinuer. C'est aussi un endroit où il
faut être vu pour les vedettes de la chanson ou du sport, comme
Lucienne Boyer ou Joséphine Baker. Changement de décor en 1937, le
Bol quitte Saint Germain pour Montlhéry, un circuit permanent plus
adapté aux performances de plus en plus élevées des motos. 47 motos
sont engagées pour ce 15' Bol d'or. . . et seulement 17 se présentent
au départ suite à un différent entre l'organisateur et plusieurs
grands moto-clubs qui boudent l'épreuve au grand désappointement du
public. En 1939, le Bol vit sa dernière édition avant huit ans.
1947 voit le Bol d'or renaître. Pour
l'occasion, il retrouve son circuit fétiche, Saint-Germain-en-Laye.
Cette première édition de l'après-guerre voit la victoire de Gustave
Lefèvre sur Norton 500.
Cet homme gagnera six autres Bol d'or et il est
encore aujourd'hui le recordman de l'épreuve (à égalité avec
Dominique Sarron) avec sept victoires. Mais la période n'est pas à
l'euphorie et les courses motocyclistes préoccupent peu les Français
qui essaient de subvenir à leurs besoins les plus élémentaires.
Ainsi, en 1948, les pilotes du Bol d'or sont presque tous des amateurs.
Pour 1949, le Bol d'or retourne à Montlhéry mais le public
boude l'épreuve comme à chaque fois qu'elle s'est courue sur ce
circuit. Éloignement de Paris, accès difficile, météo
défavorable, Montlhéry n'arrive pas à recréer l'ambiance populaire
de Saint-Germain. Conséquence, le Bol retourne à Saint-Germain en 1951,
mais pour la dernière fois puisque toutes les éditions suivantes se
dérouleront à Montlhéry jusqu'en 1960. Mais le plateau de
Saint-Eutrope ne porte pas chance à l'épreuve de plus en plus
délaissée par les spectateurs. Les organisateurs multiplient les
classements à outrance au point qu'en 1958 nous trouvons 41 machines au
départ qui courent dans 21 catégories (donc classements) différentes
; comme en plus les pilotes sont à deux par moto depuis 1954. .
. Statistiquement, un pilote a une chance sur deux de gagner le Bol !
Septembre 1960, le 31e Bol d'Or vient de se terminer. 31 machines au
départ et seulement 10 à l'arrivée. Le public n'est pas dupe et
l'édition 1960 se termine dans l'indifférence générale. Le
Bol connaît alors sa deuxième interruption depuis sa création et il
s'endort pour un long sommeil de neuf ans.