L'histoire en
entier ... par Claude
Jean
Claude faisait partie du Moto Club Châtillonnais, bien
qu'habitant Meudon.
Chacun suivait dans un club,
les potes motards qu'il rencontrait dans son quartier, au boulot
ou à la Bastille... J'ai suivi Mario au Moto Club des Cheminots
Sportifs de Paris, rue Traversière à Paris, près de la Gare
de Lyon. Cela nous permettait de prendre la voie expresse-rive
droite comme on disait et de faire un beau potin dans le tunnel
des Tuileries ! Après avoir écouté le président
"Manu", pris rendez-vous pour la prochaine
"concentre", on partait le vendredi soir été comme
hiver pour un tour à Etampes, Rambouillet ...
Jean
Claude possédait une Ossa 250 pour commencer à courir, il a décidé
de "coursifier" la T500 qu'il utilisait sur la route
pour participer au Bol.
La partie "gonflage"
utilisera un kit vendu par Maître Jacques Rocca (cylindres et
pots de détentes) accompagné d'instructions concernant le
rabotage des culasses, la modification des pistons et les réglages
à modifier.
L'engin
muni d'un réservoir de plus de 20 litres en polyester, d'une
selle avec dosseret et un tête de fourche, reçoit une
modification du faisceau électrique style "grappes de fils
et voyants de voyants" du à la bonne volonté du voisin
commerçant "électricité auto" du père Chemarin. Tout
ce beau travail est vite éliminé par nos soins et la
clairvoyance de Mario en fiabilité, testabilité, maintenance.
Dans l'opération, nous avons perdu un temps précieux !
Reprenons
aux essais du vendredi soir, veille de la course, les échappements
qui se fendent après seulement quelques tours d'essais...
La
présence de Philippe, un meudonais, as du poste à souder oxyacéthylénique
et d'un autre Philippe de Vanves, non moins expert dans le travail
des métaux en feuilles, va changer le cours de l’évènement !
Après avoir disposé des "patches" à base de boîtes
de conserves ramassées sur place, afin de voir avec les 2 pilotes
si la moto n'avait pas d'autres problèmes, il fallait se rendre
à l'évidence : avec ses pots, autant laisser tomber !
De
ruinés, nos espoirs de participation au bol vont tourner au
"faisable", après une nuit blanche partagée entre le
garage du Philippe de Meudon et le box du Philippe de Vanves : sciage, relevé
des cotes et traçage, roulage des éléments en tôle de 12/10 ème
! Imaginez le bruit tout cela à 200 m du commissariat de Meudon,
entourés d'habitations...
Puis l'assemblage de
l'ensemble ... l'heure tourne.
Je
ne sais plus à quelle heure nous avons pris la route pour Montlhéry
avec la vieille Estafette Renault 800 de Mario, mais nous étions
là dans Linas sur la N20, dans le bouchon, escortés par une
autre T500, d'origine celle-ci. Et l'entrée dans le parc fermé
devait se faire avant 13h45 sous peine d'être remplacés par
d'autres sur "liste d'attente" !
13h30...13h35...13h36
on n'avance pas !
On
n'a pas le choix : faire de la distance à l'arrière, ouvrir les
portes, la planche et voilà un Decombeix en combinaison de cuir
noire sur un T500 en pots de détente dont la seule
immatriculation est 64 ! L'un des Philippe suivra en passager sur
l'autre T5 avec un minimum d'outils.
Là
c'est l'entrée du circuit de Linas Montlhéry... Cordon de
Gendarmerie... le signe est clair : "tu ne passes
pas"... grand coup de gaz, ça passe en force au point que le
repose pied droit du T5 casse net la jambe d'un représentant de
la maréchaussée !
Une
demi-heure plus tard, nous sommes dans le stand qui nous est
attribué, le N° 64 a bien pris le départ... il faudra un arrêt
de quelques minutes pour réparer le repose pied, incident
renouvelé plus tard à cause
d'un excès de zèle sur la trajectoire, trop près d'une balle de
paille bien détrempée.
Tiens,
des gendarmes qui viennent prendre des nouvelles du déroulement
de la course... "Vous faites signe au pilote de s'arrêter !».
Le directeur de course aura le dernier mot : "ils ont commencé
la course, vous ferez ce que vous voudrez à la fin de la
course".
Fort
heureusement, papa Chemarin avait dans ses amis chasseurs, un
colonel de gendarmerie, responsable ce jour là... ouf !
Mis
à part la rupture de la fixation avant du tête de fourche, éliminé
en 5 secondes (4 pour réfléchir, 1 pour agir) par Mario, nous
n'avons eu aucun problème avec la machine. De l'huile, de
l'essence et du pilotage de nos deux héros.
La
fête a été joyeuse dans la salle arrière du "Roi du café"
à "La Ferme" à meudon.
On a bu le champagne dans le
bol qui a trôné au dessus du bar pendant des années.
Je
me souviens de la nuit qui a suivit, après 2 nuits blanches :
j'entendais les motos passer les rapports dans la ligne droite des
tribunes, là, dans mon lit, 4 pattes Honda, fabuleux 3
pattes Triumph, Guzzi, Kawasaki, Vélocette..., elles étaient
toutes encore dans ma tête !
Et
pour conclure un extrait d'un bouquin de 1980, acheté récemment
à Montlhéry : "MOTO" par Pons et Chemarin chez Nathan
de Gerard Germain avec Alain Gillot :